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Parents Aptes à Négocier le Déficit d'Attention
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Conférence du groupe P.A.N.D.A . Trois-Rivières Métro
tenue le 2 avril 2002
à Trois-Rivières sous le thème: "ACCEPTER SON ENFANT TEL Q’IL EST"
Conférencier invité : Docteur Michel Lemay, pédopsychiatre, Hôpital Ste-Justine
Depuis plus de quarante ans, le Dr Michel Lemay œuvre en tant que pédopsychiatre. Il est l'auteur de plusieurs publications portant sur les enfants et la famille. Il est
venu nous entretenir sur la problématique de l'hyperactivité et sur la
résilience[1]. Historique L’hyperactivité est un
terme connu depuis quelques dizaines d’années mais ses manifestations sont présentes
dans la société depuis des siècles. Nommé sous différentes
appellations, l’explication de ses signes d’agitation a subi des précisions
selon l’évolution de la médecine. Au début du 20e siècle les
chercheurs ont découvert que cette agitation motrice incontrôlée était
d’origine cérébrale. Le cerveau accuse un dysfonctionnement
neurologique qui cause le déficit de l’attention. Déficit de l'attention Ce déficit de
l’attention se manifeste différemment selon qu’il s’agisse d’une
hyperactivité, d’un trouble de l’attention ou d’une impulsivité. Hyperactivité Le Docteur Lemay décrit
l’hyperactivité selon trois (3) formes : L’hyperactivité non
dirigée est la forme la plus rare : elle est proche de la désorganisation
parce que la personne (enfant ou adulte) est trop réactif aux stimulis. L’hyperactivité généralisée
: la personne bouge beaucoup dans chacune des sphères d’activités (à la
maison, à l’école, dans les loisirs). L’hyperactivité
situationnelle : la personne est surexcitée dans des situations seulement
(ex : dans une grande salle) mais elle peut rester tranquille devant la télévision,
un ordinateur, etc. Trouble de
l'attention Le trouble de
l’attention se diffère de l’hyperactivité par la grande fluctuation de
l’attention de la personne. Par exemple, la personne présente un
fonctionnement adéquat en avant-midi et dans l’après-midi, elle perd
pratiquement le contrôle de soi. Le traitement du trouble
de l’attention requiert une approche globale dans laquelle, les détails et
les séquences sont identifiés. Les parents et l’ensemble des
professionnels qui gravitent autour de la personne sont mises à contribution. La personne qui souffre du
trouble de l’attention présente des difficultés à nuancer les choses, évènements,
etc. Pour l’aider, il faut reprendre avec elle et décortiquer chacun
des aspects vécus. Le déficit de
l’attention implique une difficulté à l’intégration sensorielle (auditif,
visuel, toucher, sentir, goûter). Les sens sont hypersensibles et réagissent
plus fortement aux stimulis. La vue chez ses personnes
est très aiguisée. La tendance au balayage visuel est quasi omniprésente.
Cet aspect qui permet de saisir un ensemble de données ne doit pas être vu
uniquement comme un problème. Cette saisie est positive
lorsqu’elle est utilisée par la personne d’une façon proactive. Pour
aider la personne, le Docteur Lemay propose d’immobiliser le regard et/ou de
n’offrir qu’une seule cible visuelle. Comme la personne a
tendance à confondre la forme et le fond (par exemple, ne verra différencie
pas le fond bleu de l’image qui est présente aussi dans un dessin), le
Docteur Lemay propose de n’offrir qu’un des deux aspects et non pas les deux
aspects à la fois. La dimension sonore de la
personne ressemble à la vue. La personne aura des intérêts pour des
bruits qui ne sont pas pertinents. Elle aura aussi une capacité d’écoute
rapide mais de courte durée. Pour aider la personne, le Docteur Lemay
suggère de demander à ce que la consigne ou le message soit reformulé ou répété
par la personne. Le toucher représente une
stimulation très forte. Le mode d’intégration est particulier et cet
aspect doit être considéré d’une façon importante. Les bains, la
musique relaxante, etc. sont extrêmement importants pour ces personnes. Pour la personne ayant un
déficit de l’attention, les stimulis doivent être organisés et intégrés
pour en faire un tout cohérent. L'impulsivité L’impulsivité se
manifeste par un manque d’inhibition verbal et/ou par des comportements
spontanés. Il est donc nécessaire pour aider la personne
de la questionner sur sa motivation à faire ou dire telle chose; pourquoi tu
dois faire telle chose, ou dire telle chose ? Les vrais hyperactifs Le Docteur Lemay prévient
la population sur la méfiance à avoir au sujet de l’étiquette
d’hyperactivité. La présence d’agitation motrice ou l’absence de
celle-ci peut être confondue avec l’anxiété ou la dépression.
Particulièrement chez l’enfant, celui-ci se protège de la dépression ou de
l’anxiété en s’agitant ou en s’éparpillant. Les vrais hyperactifs ont
des facteurs génétiques présents et/ou un fonctionnement anomal du cerveau.
Ceux-ci peuvent être diagnostiqués par des informations recueillies auprès de
l’entourage de la personne et/ou par des examens neurologiques dont celui de
l’examen du potentiel évoqué. Qui sont-elles ces
personnes? Les personnes présentant
un déficit de l’attention et leur entourage ont des besoins que les autres
doivent connaître afin d’interagir adéquatement avec elles. Elles doivent
apprendre à parler lentement, à écouter (pas juste entendre), être placées
dans un cadre calme pour travailler. Ces apprentissages paraissent simple
mais comme elles sont quotidiennes et répétitives, ceux-ci demandent un
attention constante. Le Docteur Lemay nous
rappelle que la personne ayant un déficit de l’attention est souffrante et
non pas malade. Elle requiert d’être considérées comme les autres
personnes. On doit tenir compte qu’elles organisent différemment des
autres leurs données, leurs indicateurs. Consignes
essentielles Certaines consignes sont
essentielles au bon fonctionnement de la personne : Les tâches devraient être
évaluées (est-ce trop vite, trop lent pour la personne.) et l’adulte
doit se soucier du bien-être ici et maintenant de l’enfant (ça va à cette
vitesse là ?). Les étapes d’une réalisation
doivent être clairement définies. Ne pas nommer les étapes dans un
processus global mais bien dans un processus continus : nommer de A à B,
puis de B à C, de C à D, etc. Transmettre et répéter
des consignes simples, courtes et demander à la personne de répéter. Habituer la personne au
contact visuel : utiliser les images pour décortiquer une tâche, organiser un
petit univers avec des points de repères visuels et sonores. Planifier les transitions; dire à la personne que dans 5 minutes les choses vont s’arrêter et qu’elle fera telle autre chose ensuite. Reconnaître les capacités
de la personne : L’intéresser à ses difficultés dans un principe d’évaluation
des capacités (et non pas des incapacités). La résilience: Croire et aider l'enfant La résilience nous invite
comme personne parent, adulte, enfant, professionnel à ne pas nier les problèmes
mais en temps à croire : Croire profondément en la
capacité d’évolution de l’enfant. Croire aussi en nos
capacités éducatives et à anticiper positivement le développement de
l’enfant. Croire au besoin d’aide
de la personne et l’aider à se développer. Croire en soi et se faire confiance dans nos habiletés. Afin d’aider l’enfant
dans son développement , le Docteur Lemay nous suggère de
travailler des sphères déficientes : Travailler et retravailler
les séquences temporelles spatiales pour qu’il se remémore et se souvienne. Pour gérer ses tensions
et son anxiété, parler à l’enfant et laisser passer ses peines et ses
joies. Lui apprendre à nommer les choses, ses peines, ses joies, etc. Reformuler pour lui les évènements.
Le situer dans le temps, l’espace, dans le langage. Utiliser le monde imaginaire de l’enfant. Travailler la découverte de ce monde par des histoires, des contes, etc. Ce monde imaginaire permettra à l’enfant de fantaiser pour se sentir mieux. Conclusion En conclusion, le Docteur Lemay nous rappelle que nous devons croire en nous car en tant que parent, nous sommes le meilleur thérapeute de notre enfant. MERCI Dr. Lemay pour cette belle conférence! [1] Définition résilience: "La capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d'une adversité qui comporte normalement le risque grave d'une issue négative. (Réf: Clés pour devenir: la résilience, Cahiers du BICE, Genève, p.9)
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