Le Ritalin : une bombe à retardement ou une aide véritable?
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Line Massé, Ph.D. Département de psychoéducation Université du Québec à Trois-Rivières |
Catherine Lanaris, Ph.D. Département des sciences de l’éducation Université du Québec en Outaouais |
Le méthylphénidate (plus connu sous le nom commercial de Ritalin md) s’avère le traitement le plus utilisé pour les enfants souffrant d’un trouble de déficit d’attention/hyperactivité. Qu’est-ce que le méthyphénidate? Quels sont ses effets ? Est-ce une bombe à retardement ou une pilule miracle ?
Qu’est-ce que le méthylphénidate ?
Il s’agit d’un psychostimulant du système nerveux central qui stimule la libération de norépinéphrine, une hormone naturelle qui favorise la transmission des impulsions nerveuses au cerveau. Le fait de prendre des psychostimulants pour un hyperactif peut sembler paradoxal ; on aurait sans doute été enclin à suggérer un calmant. Toutefois, en stimulant l’attention, les psychostimulants contribuent à diminuer l'impulsivité tout en favorisant la concentration et la mémoire à court terme. Sur le marché, on trouve deux formes de comprimés : de courte durée et de longue durée. Pour la forme de courte durée, les effets commencent à se sentir après 30 à 60 minutes et durent de 3 1/2 à 4 heures. Dans le cas de la forme de longue durée, les effets commencent 1 heure à 1 1/2 heures après l’ingestion et se prolongent de 6 à 8 heures. Lorsque l’effet du stimulant disparaît, on note habituellement une réapparition des symptômes. On ne recommande pas l’utilisation de psychostimulants lorsque les enfants présentent des états d'anxiété, de grande tension ou de forte agitation émotionnelle, des tics moteurs, une psychose ou de l’épilepsie, ou si l’enfant est d’âge préscolaire.
Quels sont ses effets ?
Les résultats des recherches suggèrent que le méthylphénidate permet d’améliorer l’attention en augmentant la capacité des sujets à retenir des réponses inadéquates. Les effets secondaires associés à la prise de médication comprennent la baisse d'appétit, l’insomnie, l’irritabilité, les maux de tête ainsi que les malaises abdominaux. La fréquence de ces effets augmente avec le dosage. La prise de stimulants produit les effets bénéfiques notés plus haut chez environ 70 % des enfants présentant ce trouble. Toutefois, les enfants présentant seulement des problèmes d’attention répondent moins bien à ce traitement ou répondent mieux à de petites doses. On obtient aussi de meilleurs résultats quant à l’amélioration des comportements, du rendement scolaire et des habiletés sociales des enfants, lorsqu’on utilise les psychostimulants conjointement avec des traitements psychoéducatifs. Certaines craintes concernant les effets indésirables de la prise de médication ne semblent pas confirmées par les recherches, notons entre autres, la perturbation de la croissance et le risque de développer un problème de dépendance à la drogue.
Un remède miracle ?
Au Québec, on observe une hausse du nombre d’ordonnances de Ritalin depuis 12 ans. Malgré les effets bénéfices associés au méthylphénidate pour plusieurs enfants présentant un trouble de déficit d’attention/hyperactivité, cette médication ne peut être administrée à la légère. Cela requiert un diagnostic précis et rigoureux de la part d’un médecin ou d’un spécialiste en pédiatrie ou en pédopsychiatrie. D’autre part, les effets bénéfiques liés à la prise du Ritalin ne peuvent en aucun cas confirmer le diagnostic d’hyperactivité, car, par exemple, un enfant qui s’agite en raison de problèmes socio-affectifs pourrait lui aussi être plus calme avec la prise de la médication. Aussi, même si un enfant prend le Ritalin, il a toujours besoin d’un encadrement particulier de son enseignant(e) et de ses parents pour compenser les déficits associés au trouble. Il ne s’agit pas d’un médicament “ miracle ” qui va donner réponse à toutes les difficultés de l’enfant.