Hyperactivité et déficit d’attention : l’impact dans la vie quotidienne

Catherine Lanaris, Ph.D.

Département des sciences de l’éducation

Université du Québec en Outaouais

Line Massé, Ph.D.

Département de psychoéducation

Université du Québec à Trois-Rivières

Les familles qui vivent avec un enfant ayant un trouble d’hyperactivité, savent très bien que vie quotidienne ainsi que la dynamique familiale sont affectées par le trouble. L’enfant hyperactif a une grande énergie et il est souvent très excité. Il semble être toujours en mouvement, vit beaucoup de frustrations, peut faire des crises de colère et souvent épuise son entourage; ceci est particulièrement vrai pour les enfants qui prennent une médication, car celle-ci ne fait plus d’effet de retour à la maison. De plus, les parents peuvent vivre un grand stress, car ils constatent que les moyens qui fonctionnent habituellement pour obtenir un bon comportement ne sont pas efficaces avec leur enfant. Ce qui les amène à éprouver des sentiments de frustration, d’inefficacité et parfois de dévalorisation. Par ce fait même, les échanges quotidiens sur les tâches à accomplir, les devoirs à faire et les routines deviennent tendus. On voit alors qu’un cercle vicieux s’installe : l’attitude impulsive et agitée de l’enfant augmente les réactions négatives des parents qui à leur tour contribuent à rendre l’enfant plus tendu et difficile à gérer; les sorties sont souvent embarrassantes, ce qui peut amener les parents à souffrir d’isolement. On observe souvent que ces parents découragés ont recours à deux attitudes opposées, aussi nuisible l’une que l’autre : soit ils abandonnent et deviennent permissifs, soit ils deviennent de plus en plus autoritaires, directifs et exigent l’obéissance à tout prix. En fait, en tant que parent, on se dit souvent que c’est de notre faute si notre enfant ne nous obéit pas. Cette dynamique familiale tendue a également un impact sur les frères et sœurs de l’enfant qui vit avec le trouble.

Pour sortir de cette tension, il faudrait comprendre que ni l’enfant, ni ses parents ne sont responsables du trouble, mais que ce dernier fait partie de leur réalité familiale. Sans l’ignorer, il faudrait se concentrer sur des moments de qualité partagés avec l’enfant, proposer un cadre stable avec des limites réalistes, prévenir les problèmes en mettant en place différents moyens pour compenser les déficits de l’enfant, et surtout reconnaître les efforts et les “ bons coups ” de l’enfant.