Aider l’enfant inattentif à chasser les distractions

Line Massé, Ph.D.

Département de psychoéducation

Université du Québec à Trois-Rivières

Catherine Lanaris, Ph.D.

Département des sciences de l’éducation

Université du Québec en Outaouais


Les enfants qui souffrent d’un trouble de déficit d’attention ou d’hyperactivité sont plus facilement distraits que les autres enfants, que ce soit par des distractions internes (pensées ou gestes) ou externes (un bruit, une parole ou quelque chose qui entre dans leurs champs de vision). Voici quelques moyens pour aider ces enfants à chasser les distractions, à l’école ou à la maison.

La plupart de ces enfants éprouvent beaucoup de difficultés à se concentrer dans le bruit et se fatiguent plus facilement. Pour les aider à se concentrer lors des périodes de travail, on pourra utiliser différents moyens pour réduire le bruit à l’école (tapis, balle de tennis sous les chaises, plafond acoustique, rideaux aux fenêtres, feutres sous le panneau du pupitre, etc.) ou à la maison (éteindre la télévision, mettre un tapis sous la chaise ou le bureau de travail de l’enfant). Si ce n’est pas possible, on peut inciter l’enfant à s’éloigner de ces sources de bruits en l’invitant, par exemple, à aller travailler dans un endroit plus calme ou à changer de place quand il est assis près de voisins qui parlent ou qui le dérangent. L’utilisation d’écouteurs ou de baladeur facilite aussi la concentration. Mettre une musique de fond douce aide à maintenir une ambiance paisible favorisant le travail. La musique peut contribuer à masquer les distractions auditives.

Au plan visuel, il faudra d’abord s’assurer que le niveau de luminosité est bien dosé : une forte luminosité peut déranger un enfant alors qu’un autre peut se concentrer plus facilement grâce à cet apport sensoriel. Dans son espace de travail, on ne conservera à proximité que ce qui est nécessaire à l’activité en cours. Les isoloirs portatifs pourront également faciliter sa concentration lors de travail individuel. À l’école, l’enseignant devra éviter de placer l’élève près des fenêtres, du corridor, de l’aiguisoir, des espaces de rangement ou du bureau de l’enseignante si celle-ci procède souvent à de la correction à son bureau. Il sera préférable de distancer les pupitres et de s’abstenir de placer l’élève dans de grosses équipes de travail (plus de trois). L’enseignant pourra aussi effacer du tableau ce qui n’est pas nécessaire au fur et à mesure.

Enfin, pour l’élève qui erre dans la lune, un simple geste, une tape sur l’épaule ou un claquement des doigts, pourra le ramener sur terre. Souvent, l’enfant n’est pas conscient qu’il “ part ”. Pour chaque moment d’inattention, il peut inscrire une petite marque sur une feuille déposée sur son bureau de travail. Ainsi, il pourra prendre conscience de la fréquence des moments de distraction et se donner un objectif de diminution de ces comportements.